La comparaison des données des résultats électoraux de l'Équipe Denis Coderre en 2013 à celles de la réforme du financement des arrondissements révèle que cette dernière est partisane.

Financement et taxes des arrondissements: l’administration Coderre semble avoir porté attention aux résultats électoraux de 2013

À suite de l’annonce de la réforme du financement des arrondissements de Montréal par l’administration Coderre l’été dernier, des élus de l’opposition ont reproché au maire Denis Coderre d’être partisan dans ses choix vis-à-vis chaque arrondissement.

Je me suis amusé à tenter de valider ces affirmations. Est-ce que, par exemple, les arrondissements ayant le moins voté pour monsieur le maire et son équipe sont plus pénalisés que d’autres dans la réforme sur le plan de leur financement? Et vice versa?

En comparant les données électorales de 2013 à celles de la réforme du financement des arrondissements, et plus récemment celles de la hausse de leurs taxes, j’ai observé des corrélations faibles et modérées mais tout de même réelles entre le sort électoral de l’Équipe Denis Coderre et celui du budget des arrondissements.

Plus précisément, en comparant les scores obtenus par l’Équipe Denis Coderre au scrutin de 2013 sur trois niveaux (mairie de la Ville, mairies d’arrondissement et Conseil de Ville) avec les changements proportionnels apportés au financement et aux taxes de chaque arrondissement, on obtient ici des coefficients de corrélation allant de 0,35 à 0,65. Un coefficient de 1 indique une corrélation totale alors que 0 signifie une absence totale de relation entre les variables. Des coefficients de 0,35 à 0,65 indiquent des corrélations modérées mais réelles. Dans les deux cas, j’ai opté pour ne pas éliminer les “extrêmes” du portrait étant donné le faible nombre de cas (18-19 arrondissements par niveau de scrutin).

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La comparaison des scores électoraux de l’Équipe Denis Coderre avec les données budgétaires des arrondissements s’est faite en trois temps : vote direct à la mairie de la Ville (vert), vote à la mairie d’arrondissement (orange) et vote dans les districts déterminant les conseillers(ères) de ville (bleu), et ce, pour chaque arrondissement. Pour les conseillers(ères) de ville, il s’agit de la moyenne du pourcentage des votes reçus par les candidats au conseil de ville (incluant les maires d’arrondissement qui siègent également en tant que conseillers(ères) de ville). Les scores des candidats aux conseils d’arrondissement ont été exclus par souci de simplicité.

Par exemple, l’ensemble du Plateau-Mont-Royal a voté à 15 % (axe horizontal) pour M. Coderre à la mairie tandis qu’il voit son financement diminué de -12,7 % (axe vertical) sur les cinq prochaines années. Montréal-Nord a voté à 66,73 % (x) pour le même candidat et observe une augmentation de 6,9 % (y) à son budget et ainsi de suite.

Puis est venue l’annonce de l’administration Coderre sur la hausse des taxes des mêmes arrondissements. Puisque les données des résultats électoraux par arrondissement étaient déjà collectées puis préparées, il m’était facile de refaire le même exercice avec les hausses de taxes respectives des mêmes juridictions. Le constat s’est avéré plus frappant à ce sujet. La corrélation entre les scores de l’ÉDC et les hausses de taxes y est plus forte, cette fois-ci négative. C’est-à-dire que plus le score de l’équipe du maire a été élevé en 2013, moins on peut s’attendre à ce que la hausse de taxe soit importante relativement. Et encore une fois, le vote direct à la mairie de la Ville y est plus déterminant que les deux autres scrutins (mairie d’arrondissement et conseil de ville).

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Bien entendu, correlation does not equal causation, mais dans ce cas-ci, il est inquiétant qu’on en trouve une aussi facilement, surtout avec le scrutin plus direct de la mairie. Il s’agit de données objectives qui ne sont pas de simples échantillons, soient les résultats électoraux de 2013 et les réformes fiscales ultérieures des arrondissements décidées par la Ville centre. Dans le cas du vote à la mairie de la Ville et de la hausse des taxes des juridictions subalternes, on obtient un coefficient de corrélation de -0,65, ce qui représente une corrélation plutôt forte. Autrement, plus les électeurs d’un arrondissement ont voté pour le parti du maire Coderre, moins la hausse de taxe leur étant imposée est importante. Inversement, les contribuables des arrondissements ayant moins voté pour le même parti encaissent une plus grande hausse de taxe.

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