Comparaison graphique des différents styles de musique au Festival d'été de Québec 2016.

Qu’entendront cette année les spectateurs du Festival d’été de Québec?

Le grandiose Festival d’été de Québec (FEQ) débute demain, et à cette occasion, en tant que hipster musical et spectateur occasionnel du festival au fil des ans, je me demandais ce que la plupart des spectateurs peuvent s’attendre à entendre.

Le FEQ a la particularité intéressante de ne pas avoir de thématique particulière, contrairement aux autres grands événements musicaux d’envergure du Québec comme le FIJM, les Francofolies, le Rockfest ou Osheaga. On peut donc supposer que son offre musicale ne sera pas si étrangère aux tendances générales de la musique populaire ou aux goûts culturels de la population.

J’ai donc procédé à une analyse de l’offre musicale du festival, en me basant sur les informations de son site web. Et parce qu’un spectacle sur la scène des Plaines d’Abraham a pas mal plus d’impact qu’une gig à L’Anti dans Saint-Roch, j’ai pondéré les données en fonction de la capacité d’accueil des scènes, une information affichée sur le site web du FEQ ou celui des établissements participants. J’ai aussi pondéré, de manière moins prononcée, selon le jour et l’heure (par exemple, un spectacle à 23h15 le mardi soir attirera nécessairement moins de gens qu’un spectacle le samedi à 20h, mettons).

Les menus déroulant intégrés au graphique ci-haut vous permettent de filtrer les données en fonction du moment où vous comptez vous rendre au FEQ et de la scène.

Par exemple, si vous préférez la musique Rock à bien d’autres, vous assisterez aux plus grands spectacles lors de la deuxième fin de semaine, puisque la première est plus occupée par le Hip-Hop, le Folk et la Pop.

Dashboard 1

Le premier constat est que, même dans le contexte de ma propre pondération des choses, le portrait est remarquablement équilibré. Il n’y a pas tellement plus de Pop que de Rock ou de Hip-Hop ou de Folk dans le portrait global, ni même sur la scène Bell des Plaines d’Abraham prise isolément.

Si vous voulez des chiffres précis, toujours pondérés, voici le pourcentage pour chacun de ces styles musicaux :

Pop 18,8%
Rap / Hip-hop 15,7%
Rock 12,9%
Folk 10,5%
Musique électronique 10,2%
Chanson 6,4%
Metal 4,8%
Folk rock 4,4%
Indie rock 4,0%
Indie pop 3,9%
Blues 2,4%
Musique du monde 2,2%
Country 1,5%
Reggae 0,9%
Jazz 0,8%
R&B / Soul 0,2%
Soul 0,2%
Punk 0,0%

 
Le FEQ, du fait de son absence de spécialisation musicale déjà évoquée plus haut, peut nous en dire aussi sur l’influence des différents pays dans les goûts musicaux de la population d’ici. Toujours en pondérant les données en fonction de la scène, du jour de la semaine et de l’heure, j’ai effectué le même exercice par rapport à la provenance des artistes.

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La seule chose qui puisse étonner est que Les États-Unis et le Québec dominent le portrait, ce qui est une bonne nouvelle pour ceux s’inquiétant des influences culturelles extérieures de belle province. Considérant que la province n’est vraiment pas la seule au monde à observer une grande influence culturelle américaine et que sa population est une quarantaine de fois inférieure à celle de notre voisin immédiat, difficile de ne pas y voir au contraire un certain engouement pour les artistes d’ici.

La seule nuance à apporter ici est qu’il y aura au FEQ beaucoup plus d’artistes québécois qu’américains, mais ces derniers feront plus souvent prestation sur les plus grosses scènes, d’où l’équivalence en audience.

Vous pouvez voir aussi, sur ce deuxième graphique, les styles de musique qu’un ou des pays donnés apportent avec eux à l’occasion du festival. Par exemple, les prestations Hip-Hop nous viendront exclusivement des États-Unis, du Québec et, dans une bien moindre mesure, de la France.

Dans la deuxième partie de ce deuxième graphique, on peut aussi observer à quels styles de musique chaque pays ou région contribue. Par exemple, la France nous offre de tout sauf du Rock ; le Canada hors-Québec, à peu près tout sauf du Hip-Hop.

Méthodologie

Il a d’abord fallu capturer les données du site web. Les informations m’ayant intéressé ici étant l’artiste, la scène, le jour de semaine, l’heure, la provenance et le style de musique. Pour tenir compte du fait qu’un spectacle sur les Plaines d’Abraham aura plus d’impact qu’un autre dans un bar participant, j’ai conçu une pondération qui tenait compte de la capacité d’accueil de tous les contextes. La Scène Bell accueillerait jusqu’à 80 000 festivaliers selon l’organisation. Les établissements intérieurs peuvent en recevoir de 100 à un peu plus de mille; les autres scènes extérieures, de 3 000 à 10 000. Afin de ne pas trop exagérer l’importance de la plus grande scène, j’ai réduit son audience de moitié, ce qui n’a qu’au plus augmenté très légèrement l’importance de certains styles de musique, souvent les plus petits ici. J’ai aussi pondéré en fonction du jour de la semaine (donnant un indice de 1 à 2, le samedi étant plus favorable qu’un mardi) et de l’heure (de 0,5 à 1, 17h et 23h15 étant moins pratiques que 19h, 20h ou 21h).

J’ai ensuite multiplié les trois indices obtenus (capacité d’audience X jour X heure). Comme vous pouvez l’avoir remarqué, l’indice de la scène a de loin la plus grande importance dans ma pondération.

Le score ainsi obtenu est donc ce qui donne la juste valeur d’un spectacle dans le portrait entier. Les scores d’un même style de musique ou pays d’origine s’additionnent pour obtenir leur grosseur de bulle respective dans les graphiques ci-haut.

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