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Le Code Québec: observons-nous en quelques chiffres

Le Code Québec de Jean-Marc Léger, Jacques Nantel et Piere Duhamel est une mise à jour empirique sur les Québécois qui est la bienvenue. Le livre intéressera autant les communicateurs, les marketeurs, les chercheurs en sciences sociales et les partis politiques que le lecteur grand public qui s’intéresse moindrement à sa province. En fait, ce dernier comprendra mieux beaucoup de choses qu’il a pu vivre ou observer lui-même.

Le tout est bien vulgarisé et, bien qu’on nous balance beaucoup de chiffres, leur signification est bien facile à saisir pour la plupart. On se réfère souvent aux particularités de notre histoire collective pour expliquer nos traits d’aujourd’hui.

On nous a beaucoup parlé de cet ouvrage en tant qu’une analyse de 30 ans de données d’observation. Pour être plus exact, pour l’exercice de ce livre, il s’agit plutôt de trois coups de sonde dont l’exécution et l’analyse se sont étalées sur les trois dernières années. Les 27 autres années restantes sont plutôt celles de toute la (vaste) revue de littérature et de données secondaires ayant par la suite guidé les chercheurs dans leur grand sondage plus récent.

Il va sans dire aussi que M. Léger et son équipe ont pu observé une infinité de choses par eux-mêmes sur les québécois depuis la naissance de la firme Léger. On sent aussi que certaines de leurs observations s’appuient implicitement sur plusieurs études privées menées au fil des ans.

Enfin, les auteurs ont interrogé plusieurs leaders ayant œuvré autant ici qu’ailleurs, notamment des politiciens, des chefs d’entreprise, des hommes d’affaires et des personnes engagées dans les causes sociales.

Le grand sondage a questionné quelque 5 000 Québécois et Canadiens sur un éventail de questions traitant de leurs valeurs, attitudes et comportements avoués vis-à-vis plusieurs énoncés plus ou moins précis. Les 7 traits distinctifs des Québécois sont aussi basés sur une analyse sémiométrique mesurant l’appréciation et la charge émotive associées à chacun des 115 mots retenus. Ça peut sembler anodin, mais les termes précis associés à la joie de vivre, par exemple, sont plus positivement perçus au Québec qu’ailleurs dans le pays, là où on leur a plutôt préféré les mots relatifs au travail, à la famille et aux enfants.

Les 7 traits distinctifs des Québécois selon le Code Québec

Les 7 traits distinctifs des Québécois selon le Code Québec

Les sept traits apportent des éclairages intéressants sur le comportements des Québécois. Par contre, pour certains, on aurait vraiment aimé plus de chiffres à l’appui. Voyons-les tous brièvement.

Heureux et Villageois

Ce trait est probablement le plus appuyé de l’ouvrage ici, mais il n’est pas le surprenant. En effet, tout indique que plusieurs Québécois se sentent plus heureux que le reste du pays, et ce, dans un contexte d’une intervention étatique plus importante et malgré plus de taxation et d’endettement. C’est que nous sommes une société plus égalitaire, et à ce titre nous ressemblons beaucoup aux pays du Nord de l’Europe qui figurent aussi justement au top des populations les plus heureuses, selon le World Happiness Report.

Mais il y a plus. La démographie pourrait aussi être un facteur. La littérature démontre que les régions métropolitaines de recensement (RMR) moins populeuses sont souvent plus heureuses. Le Québec a une population particulièrement dispersée: on lui compte 1110 municipalités; l’Ontario, 444. Cette dernière a pourtant presque le double de notre population. Au niveau canadien, Saguenay et Trois-Rivières ont les populations les plus satisfaites à l’égard de la vie. En fait, toutes les RMR du Québec figurent dans la première moitié du classement.

Nous disons bien plus être attirés par la campagne, nos nouvelles laissent beaucoup plus de place au local, aux sports et aux fait divers, nos publicités les plus efficaces sont produites ici, par les gens d’ici et pour les gens d’ici (la simple adaptation de l’étranger passe mal). Ce qui nous fait rire ne le fait pas nécessairement à Toronto et vice versa.

Il y a plus encore. Nous aimons aussi beaucoup la chanson, nos personnalités, nos grandes émissions de télévision qui sont écoutées par une plus large proportion de la population qu’ailleurs au pays. Le ROC n’a pas son Tout le monde en parle, son équivalent de La Voix n’attire pas du tout la même proportion de téléspectateurs et consomment, en fait, peu de productions canadiennes originales. Nous avons notre star système, les humoristes d’ici ont la cote et nous essaimons les festivals mieux que n’importe qui au pays. N’avez-vous pas remarqué qu’au Québec, toutes les excuses sont bonnes pour en créer un? Jazz, humour, chanson, cochon, poutine, western, lumières en hiver, igloos, cinéma de ci, cinéma de ça, etc. On tarde peut-être à le constater, mais peu de régions nord-américaines y arrivent avec autant d’aisance.

C’est sans compter notre intérêt hallucinant pour le CH. En 2013, selon Influence Communication, citée dans l’ouvrage, près de 80% de toute la couverture médiatique sports était celle de nos Habs.

Autant on vote beaucoup “en bloc” au Québec, autant nous nous précipitons fréquemment sur quelques et mêmes choses en grande proportion. La tendance est que nous partageons collectivement plus les mêmes passions et intérêts qu’ailleurs au pays, là où tout est un peu plus dispersé. C’est notre “effet de gang”.

Consensuel et toujours Villageois

Le Québec manifeste une culture plus consensuelle, vraisemblablement héritée de celle des Premières Nations. On l’observe au travers de plusieurs entreprises reposant sur un modèle de coopérative et de la recherche du consensus entre les membres et la direction. Desjardins est probablement l’exemple le plus notoire, mais on pense aussi aux regroupements volontaires de marchands qu’on trouve chez IGA, Coop fédérée, Proxim, Jean Coutu, Familiprix, Uniprix et, jusqu’à dernièrement, RONA. Au point que cela puisse nuire, sinon ralentir le développement à l’étranger, selon certains leaders interrogés. La consultation est simplement plus coutume ici.

C’est peut-être le fait que notre population modeste ait plus souvent qu’autrement été, depuis la Conquête, décidément dominée par de grandes forces politiques, religieuses puis commerciales. Pendant près de 200 ans, les Canadiens-français n’étaient pour l’essentiel que de de simples serviteurs, travailleurs qui ne possèdent pas ce qu’ils produisent et ne participent pas non plus à la gestion de toute activité économique. Tous les habitants étaient du même niveau et se concertaient.

C’est un peu aussi le fait que, aujourd’hui, nous demeurons une population pas si nombreuse. Pas mal tout le monde d’un même secteur se connaît, surtout pour ceux qui occupent des postes importants. On a plus intérêt à travailler à s’entendre, parce que les chances de se recroiser sont grandes.

Les Québécois sont particulièrement consensuels sur leurs comportements électoraux au niveau fédéral. On constatait déjà le phénomène depuis un bon moment en science politique, mais nous votons beaucoup “en bloc”, c’est-à-dire en masse vers un même parti politique. Avant le Bloc Québécois, le Québec déterminait beaucoup plus quel parti politique allait gouverner que l’Ontario. Nous sommes passés, toujours en masse, des libéraux de Trudeau père aux conservateurs de Mulroney aux bloquistes de Bouchard et Duceppe aux Libéraux de Chrétien aux néodémocrates de Layton aux libéraux de Trudeau fils. « Nous voulons parler d’une seule voix pour nous faire entendre. Nous avons peur de la division », soutient justement l’historien Éric Bédard.

Et, évidemment, combien de fois avons-nous entendu que les Québécois “n’aiment pas la chicane”, même s’il ne s’agit que de débattre sur quelque chose? Sur ce point, la preuve présentée par les auteurs est beaucoup moins convaincante car elle s’appuie essentiellement sur les données très qualitatives que sont les perceptions de quelques personnes interrogées. Ils sont tout de même plusieurs à observer le phénomène mais diffèrent dans leurs explications. Gilles Parent, entre autres, qui croit que c’est parce que nous manquons de vocabulaire (plus qu’ailleurs?) qu’on ne peut débattre décemment. C’était probablement vrai en 1802 et assez longtemps après, remarquez.

Les 7 grandes communautés derrière le Code Québec

Les auteurs ont pu constater dans leurs analyses quantitatives l’existence de sept grandes communautés régionales dans la province. En analysant et comparant les réponses des participants sur plusieurs variables, il est possible d’identifier un lot de participants répondant tous plus souvent la même chose. On parle ici de personas, ici distingués géographiquement. En d’autres mots, ces communautés, en plus de partager un territoire, partagent aussi un même ensemble de valeurs, d’attitudes et de comportements. Leurs emplacements respectifs sont cartographiés ci-bas.

Carte de l'heptagone québécois selon Le Code Québec.
Carte de l’heptagone québécois selon Le Code Québec. Cliquez dessus pour l’agrandir.

Les amateurs de politique remarqueront que cette répartition n’est pas étrangère aux résultats électoraux de la scène provinciale: les Frontaliers libéraux sinon caquistes, le 450 péquiste sinon caquiste, les Insulaires de l’Est plus péquistes et solidaires, ceux de l’Ouest toujours libéraux, les Républicains libéraux et caquistes et le reste très francophone et plus péquiste du territoire qu’occupent les Régionalistes.

Les auteurs ne sont pas si clairs sur ce qui délimite un groupe dans certains cas. On parle par exemple des Navetteurs du 450 qui « habitent la région du 450 […] autour de Montréal. […] Ils font la navette entre leur résidence et leur travail. » On ne sait donc si cela inclut réellement les Laurentides et Lanaudière plus nordiques, qui sont exclus du code régional et ne transitent probablement pas autant que ceux au sud des deux régions. D’où la partie hachurée en bleu et vert. Ce choix du vert est éditorial de ma part puisque ces habitants m’apparaissent ressembler davantage aux Régionalistes qu’aux Frontaliers, si on se fit aux comportements électoraux.

Quant aux Républicains, il n’est pas clair si « la région de la Capitale-Nationale » inclut plus largement Charlevoix mais surtout Lévis. Pour cette dernière, puisque je doute vraiment que ses citoyens soient fondamentalement différents de ceux de l’autre côté de la rive, j’ai décidé de l’inclure.

Le mystère Québec… ou Montréal?

Ce qui nous amène aussi à la question du « mystère Québec », qui existe peut-être plus pour les Montréalais que le reste du Québec. Les auteurs prennent le chemin le plus droit pour étayer leur constat:

« Les gens de Québec ont moins de joie de vivre que ceux du reste du Québec. Ils vivent moins l’instant présent, disent profiter moins de la vie, rient moins dans une journée, se disent moins créatifs, sont plus casaniers, et sont nettement plus préoccupés par leurs finances personnelles, leur retraite et leur avenir. Ils sont plus conservateurs, favorisent davantage l’entreprise privée, vivent davantage en couple, n’aiment pas prendre des risques et recherchent la stabilité. Ils se disent victimes de l’égocentricité de Montréal. »

Mais ils sont aussi « plus rebelles, aiment mieux faire à leur guise et aiment donner leur opinion. » Ils sont toutefois plus permissifs sur l’euthanasie, la liberté sexuelle, l’avortement et le cannabis. Les Républicains sont plus âgés et plus homogènes. Ils sont plus fiers et s’identifient davantage à Québec qu’au Québec. Ils disent aussi s’engager davantage dans leur communauté.

Au final, constatent les auteurs et les personnes interrogées, le mystère est simplement qu’ils sont plus “français” culturellement, plus réactionnaires. La démographie de la région y est sans doute pour quelque chose. Elle a moins changé que celle de Montréal et ses environs, par exemple. Un héritage qui a mieux survécu à Québec qu’ailleurs.

Le Québec n’est pas xénophobe

Du moins pas plus qu’ailleurs, et probablement moins. Le chapitre de la Victime aurait été le moins intéressant n’eut été du bel éclairage nuancé qu’il nous apporte sur cette question.

Tout indique dans les données que les Québécois accueillent les étrangers et les touristes plus favorablement que le reste du pays.

« Ce ne sont pas les étrangers qui dérangent, mais les accommodements religieux. La nuance est très importante. […] En effet, la très grande majorité des Québécois estime positif l’apport de l’immigration, pourvu que les nouveaux arrivants respectent la loi et les coutumes d’ici. Les gens s’opposent aux accommodements particuliers. »

L’affirmation religieuse est donc la coupable. Les Québécois ont plus de difficulté avec l’affirmation religieuse que le reste du pays. Il semble aussi, par contre, qu’on ait plus de problème avec une personne portant le hijab que la kippa juive. Le port de la croix dérange encore moins.

N’empêche, il n’est donc plus certain qu’on puisse parler de xénophobie (peur de l’étranger). On pourrait tout de même parler de racisme… religieux. Le racisme consistant en une “attitude d’hostilité systématique envers certaines catégories”, l’origine ethnique n’étant pas la seule possible. Par exemple, on parle de racisme “antivieux” lorsque des jeunes présentent une telle attitude envers les plus âgés.

Le Québec a donc une peur du religieux. Les plus jeunes d’entre nous se l’expliqueront probablement toujours mal. « Longtemps soumis au carcan des règles étroites du catholicisme, une majorité de gens ont de grandes difficultés à accepter le retour de la religion dans la vie de tous les jours. » Il faut croire que de nouveaux symboles religieux venus d’ailleurs effraient encore plus ces Québécois moins jeunes.

Détaché, Victime…

C’est ici que, plus on avance dans la lecture, plus on a de la difficulté à comprendre en quoi les traits suivants peuvent coexister.

Dans un premier temps, nous sommes peu engagés, petits faiseurs, apeurés par l’engagement, exempts d’esprit entrepreneurial, réticents à être francs dans nos opinions, moins généreux envers la charité, répondons beaucoup de “peut-être”. Nous sommes plus croyants mais moins pratiquants, plus en faveur de l’éducation mais plus décrocheurs, plus de politique familiale mais moins de mariages, plus heureux mais plus de suicides, etc. On soulève beaucoup de contradictions entre les dires et les actions des Québécois. On sait plus souvent ce qu’on ne veut pas que ce qu’on désire.

Les mots ambivalent, détaché, indécis, influençable, non engagé, peur du risque, prudent, rusé, secret et spontané sont plus significatifs chez les répondants Québécois. Mais plus loin, on apprend aussi que acheter, ambition, argent, conquérant, déterminé, gagner, propriété, puissance, récompense, réussite, richesse et victoire sont aussi surévalués. Idem pour courageux, créatif, débrouillard, inventer, nouveauté, rebelle et rêveur.À défaut d’y voir quoi que ce soit d’autre, cela prouve que, bonne nouvelle, les Québécois ne sont pas contre la vertu.

Le chapitre de la Victime, le plus propice à susciter la discussion, est malheureusement le moins soutenu. Il s’agit du seul à ne présenter presque aucun chiffre à l’appui que, plus souvent que dans le ROC, nous renvoyons aux autres la responsabilité de nos malheurs.

Par contre, il est vrai que cela paraît dans nos publicités et nos séries télé. Personne au Québec n’aura de difficulté à se remémorer un personnage mâle niais, navrant, manquant d’ambition, peu compétent ou maladroit.

Pensez par exemple au garagiste souffre-douleur de Martin Matte dans les publicités Honda, le réparateur Maytag, le type du département des plaintes d’Industriel Alliance, le mauvais poseur d’étagère chez Bell, les nombreux versions de Monsieur B, le personnage de Patrice Lemieux. Ça me fait aussi penser aux deux personnages principaux de Série Noire et, en fait, à peu près tous les personnages que François Létourneau a pu interpréter.

C’est tout le contraire des productions américaines par exemple, où le protagoniste est souvent brillant, estimé de tous, dans la raison, travaillant, très compétent, hautement débrouillard et bien souriant.

Pour une raison ou une autre, le premier type de protagoniste nous amuse plus. Aurait-on plus d’humilité que les Étatsuniens?

… mais aussi Créatif, Fier

Ces deux chapitres sont porteurs de beaucoup d’espoir pour le lecteur qui vient tout juste de se faire dire que son peuple est maudit par la déresponsabilisation et le défaitisme. Quelques données de sondage démontre que les Québécois se sentent particulièrement imaginatifs et débrouillards, mais la preuve, intéressante, repose surtout sur de véritables statistiques économiques.

La radio AM, la souffleuse à neige, le beurre d’arachides, le Wonder Bra, le casse-tête 3D, le vaccin porcin, la trithérapie et bien d’autres innovations sont nées au Québec. On pense aussi à des multinationales comme CGI, Cirque du Soleil, Juste Pour Rire, Lightspeed, Stingray et Moment Factory. C’est sans compter le nombre grandissant d’entreprises en technologie, et plus particulièrement en jeux vidéo installées à Montréal et Québec. La liste est longue.

On explique cette créativité par notre héritage créatif français, l’esprit d’équipe plus anglo-saxon et le souci d’efficacité très américain, c’est-à-dire « une meilleure planification, une organisation structurée et un exécution efficace des projets qui nous distinguent des Européens.»

Bien qu’on ait beaucoup entendu parler de la vente de fleurons à des entreprises étrangères, le portrait n’est pas du tout noir. On souligne à raison que, depuis 2010, 85 entreprises québécoises ont été vendues pour 400 millions de dollars à l’extérieur, mais que des Québécois ont fait l’acquisition de 258 entreprises étrangères pour 523 millions.

Plus intéressant encore, 30% de tous les emplois canadiens en recherche et développement se trouveraient au Québec (<20% de la population canadienne). 40% de ces entreprises au Canada se trouvent aussi. Les auteurs ont aussi recueilli beaucoup de propos de personnes rapportant un engouement inégalé jusqu'ici pour de nouveaux projets plus créatifs et technologiques.

Mais qui sommes-nous réellement, au final?

Au final, nous sommes hors de tout doute des Nord-Américains, francophones, avec un héritage européen assez clair aussi.

Il va sans dire que nous ayons une identité particulière, surtout dans le contexte où elles manquent plus ici, sur notre continent, qu’en Europe, par exemple.

Mais bon, d’autres le voient plus ainsi:

Vie extra-terrestre, paranormal et complots: les croyances des Canadiens

C’est un sondage très amusant, voire tout un bijou que nous offre le Angus Reid Institute, surtout en cette période d’actualité estivale. En effet, la maison de sondage sans but lucratif nous fournit des données toutes fraîches sur ce que pense les Canadiens sur les extra-terrestres, le paranormal et les théories du complot.

Tout d’abord, permettez-moi de vous informer qu’il y a une corrélation positive entre l’appréciation de la série The X-Files et l’avis que des extra-terrestres ont déjà visité la Terre:

 

Évidemment, que ces téléspectateurs aient été convaincus de cette possibilité en visionnant la série ou encore qu’ils étaient déjà des gens propices à croire aux phénomènes extra-terrestres demeure une question ouverte.

Plus généralement, on apprend entre autres du coup de sonde que quatre Canadiens sur cinq s’imaginent qu’il doit bien y avoir une forme ou une autre de vie intelligente ailleurs dans l’univers, qu’ils sont aussi 77% à penser que plusieurs phénomènes étranges ne peuvent être expliqués par la science à ce jour et qu’un peu moins du tiers des répondants estime que les fantômes existent.

 

Mais le lecteur de profondeur sera plus diverti encore en regardant les énoncés et leurs résultats dans le détail. Parce qu’on a aussi sondé la population sur plusieurs théories peu fondées qui perdurent. Par exemple, avons-nous vraiment été sur la Lune? Barack Obama est-il vraiment américain de naissance? Sommes-nous gouvernés par une élite mondiale travaillant secrètement? (Sur ce dernier point, j’aurais A-D-O-R-É qu’on demande aussi si cette dernière est composée en fait de lézards)

 

Voici quelques observations de disparités socio-démographiques lorsqu’on scrute les données dans le détail.

Les hommes et les femmes

Les femmes croient davantage que les hommes en la possibilité que certaines personnes aient des pouvoirs psychiques de prédiction du futur (54% vs 36%), aux fantômes aux projets inachevés sur Terre (37% vs 22%) et à la possible communication avec le défunt (47% vs 24%).

En revanche, les hommes sont plus propices à estimer que le réchauffement climatique est une pure invention d’intérêts financiers ou idéologiques (31% vs 23%). Pour le reste, notamment les autres conspirations, les disparités homme-femmes sont limitées.

Le Québec et les autres régions

Il semble que le certificat de naissance du président Obama intéresse bien moins le Québec que le reste du pays. Cet intérêt se situe à seulement 6% dans la province comparativement aux habitants des prairies, par exemple (15-16%).

Par contre, nous croyons aussi moins à l’authenticité des alunissages Apollo (21% des Québécois n’y croient pas, par rapport à 10-16% ailleurs dans le pays). J’ai du mal à trouver une explication à cela.

L’éducation

Plusieurs différences notables vont de pair avec le niveau de scolarisation, surtout en ce qui concerne les conspirations – ce qui n’est pas une surprise, plusieurs études l’ayant déjà démontré.

En fait, pour pratiquement tous les énoncés à ce sujet, la corrélation entre le niveau d’éducation (secondaire ou moins, collégiale et technique, universitaire) et leur véracité perçue est inverse. Moins une personne est scolarisée, plus elle est encline à y croire. La différence est la plus marquée avec les agissements obscurs du gouvernement américain (48% vs 33%), l’existence d’un gouvernement secret mondial (37% vs 26%), la fausseté du réchauffement climatique (29% vs 18%) et la marche de l’homme sur la Lune (18% vs 10%).

Pour voir les résultats de manière complète et détaillée

World Happiness Report: 5 indicateurs autres que le PIB qui expliquent la qualité de vie.

La richesse est un solide atout pour vivre décemment, mais il n’explique vraiment pas tout. D’autres facteurs importants, plus sociaux, prédisent des satisfactions de vie plus élevées. En effet, les chercheurs du World Happiness Report (WHR), dans leur plus récente mise à jour, avancent que le bonheur et le bien-être des citoyens d’un pays constituent un prédicateur plus englobant, plus prononcé et donc plus pertinent du progrès social, de la qualité de vie et du bien-être humain du pays en question que d’autres indicateurs plus couramment utilisés, surtout économiques (comme le PIB, le taux de pauvreté, les inégalités de revenu, etc.). Cette joie de vivre et ce bien-être subjectif devraient être davantage l’objectif des politiques publiques, clament les auteurs.

De kessé? Le World Happiness Report est une publication du Sustainable Development Solutions Network (de l’ONU) qui depuis 2012 mesure le bien-être subjectif dans le monde au sein des populations d’un maximum de pays, de sorte à en dresser des portraits nationaux, régionaux puis mondial mais aussi temporels. On mesure la gaieté générale1 d’une population en sondant ses individus sur leur propre évaluation de leur bien-être individuel ou situation personnelle, sur une échelle de 0 à 10 (0 représentant la pire situation possible; 10, la meilleure).

On peut ainsi comparer cet indice à plusieurs autres indicateurs sociaux, politiques et économiques afin d’expliquer ce qui aide les individus d’une population à percevoir sa situation de vie personnelle comme positive. Le but derrière tout ça est de démontrer que les simples indicateurs économiques, notamment l’état de l’économie, le PIB ou le revenu par habitant n’apportent pas du tout à eux seuls un réel éclairage sur la qualité de vie d’une population. Ils y contribuent certainement, mais l’intégration d’autres facteurs permet un tout plus englobant qui explique et prédit mieux les différences de bien-être d’un pays à l’autre.

Dans le cadre de cette étude, ces six facteurs expliquent en différentes proportions (de la moitié aux trois quarts) les variations du bien-être subjectif: le PIB par habitant, le support social, l’espérance de vie en santé à la naissance, la liberté de faire des choix2, la générosité et la corruption perçue.

Une analyse régressive de ses facteurs avec le bonheur personnel auto-évalué des répondants (tableau ci-dessous) démontre que le PIB par habitant contribue bel et bien au bien-être subjectif des populations, toutefois aux côtés d’autres facteurs y contribuant eux aussi de manière comparable, les deux autres plus importants étant le support social (le support qu’une personne peut trouver d’un proche ou d’autre chose lorsque dans une situation de vie problématique) et l’espérance de vie en santé à la naissance. On remarque aussi que, lorsque la population perçoit de la corruption au sein de son gouvernement et/ou des entreprises, cela a un certain impact négatif sur le bien-être subjectif moyen cette population.

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Il est intéressant aussi de constater que l’affect positif (le fait d’avoir ri, ressenti de la joie ou eu du plaisir aujourd’hui) a un impact très favorable sur l’évaluation de sa situation de vie sans que l’inverse ne soit vrai. En effet, on n’observe pas de telle relation négative avec l’affect négatif. Autrement dit, et comme le soulignent les auteurs, la présence d’émotions positives dans sa journée a beaucoup plus d’effet sur la satisfaction de vie que l’absence d’émotions négatives. Il ne suffit pas que rien de désagréable n’arrive: il faut ressentir de l’affect positif.

Quel est le but de tout ça? D’une part, il s’agit de démontrer qu’en politiques publiques, les décideurs doivent penser à autre chose que des solutions économiques ou monétaires mobilisant des ressources toujours limitées – et donc d’arrêter de justifier un manque de ressources ou de marge de manœuvre à un manque d’action sur une problématique donnée. Le support social surtout, mais aussi la corruption perçue, le sentiment de liberté personnelle de même que l’opportunité d’être généreux sont toutes des choses qui se travaillent autrement que simplement en débloquant des fonds – bien que cela facilite toujours les choses. C’est toutefois aussi le contexte de l’austérité et/ou de fonds publics insuffisants qui font parler les chercheurs en ce sens.

D’autre part, hé bien… n’est-ce pas souhaitable d’observer des satisfactions de vie personnelles plus importantes au sein de sa population? Et ce qu’il y a de bien avec le bonheur, c’est qu’en principe une personne qui tout d’un coup en obtient plus ne l’a pas nécessairement enlevé à quelqu’un, contrairement à l’argent. Ce qui nous ramène au sujet des inégalités.

Parce que oui, les auteurs, en plus de mesurer longuement le bonheur des populations, mesurent aussi dès lors l’inégalité du bonheur, tout comme on le fait avec le revenu. Après tout, s’ils sont seulement quelques uns à être souvent de bonne humeur, on peut soupçonner une distribution inadéquate de la qualité de vie (souvent, mais pas exclusivement, liée aux inégalités de revenu). Et si l’inégalité du revenu est un meilleur indicateur de la qualité de vie que le simple PIB, on peut supposer aussi que l’inégalité du sentiment de qualité de vie en est un meilleur que la simple moyenne du bonheur affirmé, et donc aussi des six facteurs abordés plus haut pris séparément.

Et comment mesure-t-on cela, “l’inégalité du bonheur”? Rien de sorcier, il s’agit de calculer l’écart-type du bonheur subjectif de l’échantillon, qui nous dit à quel point toutes les réponses tournent autour de la moyenne de celles-ci ou non. Si presque tout le monde répond 2, 6 ou 9 sur l’échelle de 0 à 10, l’écart-type est faible et donc tout le monde est similairement heureux (ou malheureux). Si la plupart des répondants ont répondu bien autre chose que la moyenne des réponses, l’écart-type est élevé et il y a inégalité du bien-être. En voici l’illustration ci-bas, qui démontre que l’Amérique latine et centrale et l’Afrique du Nord et le Moyen Orient sont les deux régions du monde à présenter une inégalité du bien-être plus particulièrement élevée.

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En ce qui concerne le portrait par pays (que vous pouvez voir par vous-mêmes ici), on constate malheureusement que ceux ayant connu une augmentation de cet inégalité du bien-être de 2005 à 2015 sont six fois plus nombreux que ceux qui ont vu cette inégalité diminuer. Cette augmentation demeure toutefois assez modeste, située à 5% pour le globe entier. Les deux seules régions n’ayant pas connu d’augmentation de cette inégalité sont l’Europe centrale et de l’est et l’Amérique latine et centrale, qui elle, souvenez-vous, est déjà dans les plus élevées.

Pour mieux comprendre encore, on peut se comparer nous-mêmes aux autres pays qui nous ressemblent plus. Dans un classement de 157 pays, où le premier rang est réservé à l’État présentant le moins d’inégalités du bonheur, nos voisins étatsuniens ne se placent qu’au 85e rang! Le Canada, la France et le Royaume-Uni se situent respectivement aux 29e, 38e et 46e rang. Et, évidemment, ce sont les Danemark et Islande de ce monde qui se retrouvent dans les premières positions. Du coup, on voit aussi que l’inégalité de revenu demeure assez près dans les facteurs explicatifs, mais aux côtés d’autres facteurs. Mais le nouvel élément à retenir est que l’inégalité du bonheur prédit généralement un bonheur moyen plus faible.

Notes   [ + ]

Les zombies préfèrent le 450, Rouyn, Alma et Sept-Îles

Je commençais la lecture de ce livre dernièrement et dès les premières pages l’auteur nous présente des constats culturels plutôt intrigants au sujet des zombies. Peut-être l’aviez-vous un peu senti vous-mêmes : les cadavres réanimés sans conscience et friands de nous tous ont bizarrement gagné en popularité depuis la fin de la guerre froide, le 11 septembre et plus encore depuis la Grande récession de 2008. L’auteur présente des données de Wikipédia, d’Amazon, de Google et de Lexis-Nexis sans équivoque : on note une augmentation récente et prononcée du nombre de films, de livres, de mentions médiatiques, de saisie du terme sur le web de même que de publications scientifiques sur les zombies. À titre d’illustration, voici l’évolution de la popularité du terme dans Google Trends depuis 2004, au Québec comme ailleurs.

Remarquez aussi que la popularité a tendance à battre son plein en octobre, probablement parce que les gens cherchent de l’inspiration pour leurs costumes d’Halloween (simple hypothèse à ce stade-ci). J’ai refait le même exercice auprès des médias d’information du Canada français afin de comparer leur propre intérêt pour les zombies avec celui des internautes.

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Manifestement, les zombies suscitent bel et bien un engouement étrange auprès de la population depuis quelques années. Les données régionales de Google Trends suggèrent que certaines populations s’y intéressent bien plus que d’autres. Au Québec, par exemple, la carte interactive ci-dessous démontre de manière plus ou moins surprenante que les zombies ont la cote auprès plusieurs municipalités du 450, de même que… Rouyn-Noranda, Alma et Sept-Îles. Pas Montréal, ni Laval, ni Québec, ni Trois-Rivières ou Sherbrooke. Notez que ne sont affichées que les 15 municipalités les plus friandes des zombies (Google Trends ne permet pas encore d’obtenir plus de 15 résultats régionaux).

Les mêmes données régionales pour le reste de l’Amérique du Nord vont un peu dans le même sens. Les zombies sont un peu une affaire de la banlieue et de métropoles de taille moyenne, à quelques exceptions près (Los Angeles, notamment). La gradation colorée des scores ci-dessous se lit ainsi: vert, jaune, rouge, mauve, bleu. Notez une fois de plus que les résultats ne vont pas au-delà des 15 villes les plus intéressées par les zombies, et ce, pour chacun des deux pays.

Enfin, pourquoi les internautes s’intéressent-ils aux zombies? Pour en savoir plus sur ces derniers en tant que tels? Pour connaître des titres de jeux ou de films en contenant? Pour trouver de l’inspiration pour un costume? Les recherches les plus souvent associées au mot-clé en question suggèrent un peu tout ça, mais l’intérêt particulier pour les Call of Duty (pour son mode zombie) et Plants vs. Zombies de ce monde est évident.

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Dans le titre de cet article, je suggérais que les zombies s’entendraient mieux avec le 450, Rouyn-Noranda, Alma et Sept-Îles. J’adorerais toutefois être en mesure de connaître la nature de cet intérêt pour les zombies de la part de ces collectivités. Peut-être ces dernières les accueilleraient-elles à bras ouverts. Peut-être aussi que les résidents de ces localités s’ennuient cruellement et rêvent d’en croiser pour se défouler sur eux. C’est vraiment plausible. Pour avoir été un banlieusard le plus clair de ma vie, je dois avouer qu’à plusieurs moments, ça aurait vraiment occupé mes temps libres.

Et vous, vous les consommez de quelle manière, vos zombies?

Parlons taille de l’État et masse corporelle

Si vous regardez l’émission Tout le monde en parle de temps en temps, vous vous souvenez peut-être du passage du professeur en sciences de l’éducation Normand Baillargeon. Lorsque qu’on lui demande de nous faire part d’un extrait de son livre à succès Petit cours d’autodéfense intellectuelle, le professeur de l’UQÀM aborde en exemple la notion des « fausses analogies », courantes dans les débats politiques et économiques les plus médiatisés. La fausse analogie consiste grosso modo à faire comprendre son point de vue sur un grand enjeu d’une certaine complexité par correspondance trompeuse à un autre enjeu très simple et de petite échelle dont la solution va de soi. Un exemple : l’analogie voulant que l’État soit un peu comme un père de famille qui doit prendre des décisions impopulaires mais nécessaires pour assurer la santé financière d’une famille. Ou encore, si une personne peut balancer son budget, le gouvernement devrait bien en être capable lui aussi, et ainsi de suite.

Je suis tombé sur une autre de ces excellentes fausses analogies l’automne dernier. À l’occasion des conclusions de la Commission de la révision permanente des programmes qui prescrivaient un régime minceur des programmes et services de l’État, un chroniqueur nous résume son point de vue à la une du quotidien: « D’obèse à top model » (en parlant de cette conclusion sur l’État québécois qui mériterait bien, selon lui, cette « diète »).

Il promouvait là l’idée que l’État québécois souffre d’un indice de masse corporelle dépassant les 30 kg/m−². Un tour rapide sur Twitter permet de comprendre que cette impression a un certain succès (inscrivez “état obèse” dans le moteur de recherche, avec les guillemets pour l’expression exacte). Après tout, on entend souvent qu’il est impératif de “couper dans le gras” de la fonction publique ou exiger de tous les employés de l’État d’être moins “gras dur” avec leurs simples salaires, régimes de retraite et budgets de fonctionnement.

C’est à ce moment que je me suis demandé si un État pouvait être « obèse » d’une façon ou d’une autre. Pour certains, il est obèse au sens qu’il est inutilement gros et gourmand, qu’il pourrait toujours faire autant ou mieux avec moins. D’autres pensent que sa trop lourde fiscalité et son engagement dans trop de sphères d’activité économique ou sociale oppriment la liberté économique (comme l’expliquent les penseurs du Fraser Institute). Une façon habituelle de connaître la taille d’un État consiste à calculer la proportion de ses dépenses courantes totales par rapport au produit intérieur brut (PIB).

Gardons en tête que la taille d’un État par rapport à un autre est (théoriquement et idéalement) le résultat de choix collectifs d’une société. Rapidement, on peut s’attendre à ce que les États-Unis aient un État central moins obèse que la France, par exemple.

En me penchant sur le sujet, je n’ai pu résister à l’envie de vérifier s’il y avait une quelconque corrélation entre la taille de l’État et celle de ses sujets.

Il semble qu’il existe effectivement une corrélation négative entre les deux variables. Plus un État développé est obèse, moins ses citoyens le sont. C’est ce qui saute aux yeux lorsqu’on compare les tailles des États de l’OCDE avec leurs taux d’obésité respectifs, comme vous pouvez le voir ci-dessous.

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Les données proviennent du Fonds monétaire international et de l’Organisation mondiale de la santé. Les données du FMI sont celles de la proportion des dépenses totales des États en fonction de leur PIB (taille de l’État). Les données de l’OMS représentent le taux d’obésité de chacune des populations, soit la proportion de la population âgée de 20 ans et plus dont l’indice de masse corporelle est de 30 kg/m2 ou plus.

J’ai limité l’exercice aux États de l’OCDE pour quelques raisons. La première est le souci de comparer des pommes à des pommes. Sur plusieurs niveaux, les États les plus industrialisés peuvent difficilement être comparés à des États en développement ou ceux très sous-développés, là où les citoyens ont moins souvent le luxe d’être en surpoids. En fait, les données démontraient une corrélation inverse — ce qui ne surprend pas puisque les États plus pauvres n’ont pas trop les moyens d’être « obèses » et de conditionner pour le mieux le niveau de vie de ses citoyens qui ne mangent d’ailleurs pas tous à leur faim.

Pour des raisons culturelles évidentes, le Japon et la Corée du Sud constituent des extrêmes puisque leurs taux d’obésité sont très bas. J’ai donc retiré ces extrêmes manifestes qui biaisaient trop la tendance. Sans ces deux États, on obtient un coefficient de corrélation de -0,55, ce qui illustre déjà une relation assez forte. On aurait aussi pu considérer la Suisse et l’Irlande comme des extrêmes faussant elles aussi la tendance. Ce faisant, le coefficient atteint -0,78, ce qui est énorme statistiquement. Vous pouvez vous-mêmes exclure l’une ou l’autre de ces deux données dans la figure ci haut.

Le but de cet article n’était pas tant de prouver hors de tout doute qu’une population devient moins obèse lorsque son État dépense plus, mais bien le non-sens de l’analogie de l’État obèse puisqu’un État plus important a plutôt tendance à améliorer le niveau de vie de sa population. Peut-être que l’État n’est obèse que pour quelques personnes seulement ?