Category Archives: Ludique

Le Festival international de jazz de Montréal est-il vraiment jazz?

Comme moi, avez-vous déjà échoué à cerner le lien entre la musique jazz et un artiste populaire dont la performance a été annoncée au Festival internationale de jazz de Montréal (FIJM)?

Et pourtant, lorsqu’on regarde de plus près les données sur le genre musical colorant les quelque 300 ou 400 artistes s’y produisant, rien ne permet de douter que la raison d’être du festival ait pâli. En effet, une analyse des étiquettes musicales attribuées à la plupart des artistes affichés démontre une réelle continuité dans la promotion du jazz, comme vous en fait part ce graphique ci-bas.

jazzfeststyles

Comme on peut le voir, le jazz “jazz” (j’imagine que c’est celui le plus classique ou avec le moins de déviations dans le genre – ce n’est vraiment pas ma spécialité musicale) a donné vie aux concerts de 35% à 50% des artistes présents au fil des 10 dernières années. C’est sans compter le jazz fusion, le jazz manouche, le jazz vocal et toutes les autres genres musicaux empruntant de manière variable au jazz.

Seul petit bémol. Contrairement à mon billet précédent sur le Festival d’Été de Québec, je n’ai pas pu pondéré en fonction de la taille de l’audience de scène en raison de données manquantes. Chaque artiste vaut donc une donnée1. L’analyse sous-estime donc un peu l’importance des concerts sur les plus grandes scènes extérieures, qui sont peut-être justement ceux dont la présence de l’artiste sème la confusion par rapport à la thématique du Festival.

En toute apparence, les spectacles plus clairement jazz ou “jazzés” sont effectivement plus importants en salles et sont donc les concerts payants qui attirent les véritables amateurs de jazz – et qui contribuent au nombre dominant d’artistes jazz dans le graphique ci-haut.

Les données proviennent du site web officiel du FIJM. Donc oui, ça revient un peu à demander aux organisateurs du Festival de jazz eux-mêmes s’il s’agit bien de jazz dans le festival, mais il suffit de naviguer dans les fiches concerts pour le reconnaître assez rapidement au travers des extraits vidéos et autres informations trouvables ailleurs en ligne.

La plupart des pages d’artistes informent l’internaute à quelle humeur musicale il peut s’attendre. Certaines pages ne mentionnent rien à ce sujet, surtout à partir de l’année 2007. C’est pourquoi mon analyse s’arrête à 10 ans, après quoi il y a trop peu de données par rapport au nombre total d’artistes présents.

N’empêche, la grande base de données de tous les artistes de toutes les éditions sur le site officiel du FIJM en est une très intéressante. Si j’ai ici affaire à des mélomanes,
je vous invite à la naviguer pour y trouver toute une archive d’artistes avec vidéos de concerts ou d’entrevues qui remonte à la première édition du Festival.

Une autre donnée intéressante de ces archives est l’instrument principal d’un concert donné. Tous les artistes n’en n’ont pas, mais on le mentionne lorsque c’est le cas, ce qui m’a permis l’analyse suivante, dans ce deuxième graphique ci-bas.

jazzfestionstrument

L’équilibre des instruments de prédilection des musiciens et donc l’équilibre dans la programmation est assez remarquable. Le FIJM mise habilement sur la variété des facettes du jazz.

J’aurais autant pu ici visualiser les données dans le temps. C’est ce que j’aurais fait s’il y avait assez de variation d’une année à l’autre pour qu’on puisse finalement y voir autre chose qu’un arc-en-ciel légèrement déformé. Ce sont donc ici les données des dix dernières éditions dans un même portrait. Au mieux, la voix et la guitare ont échangé leur rang deux ou trois fois.

À la lumière de ces deux analyses qui démontrent une grande continuité dans la mission du FIJM, on peut y percevoir une certaine résistance du Festival aux goûts et tendances de la population en musique. C’est certainement quelque chose qui contribue à lui mériter sa renommée internationale dans le milieu jazz. Il s’agit vraiment de s’aventurer au-delà des spectacles extérieurs gratuits.

Notes   [ + ]

Qu’entendront cette année les spectateurs du Festival d’été de Québec?

Le grandiose Festival d’été de Québec (FEQ) débute demain, et à cette occasion, en tant que hipster musical et spectateur occasionnel du festival au fil des ans, je me demandais ce que la plupart des spectateurs peuvent s’attendre à entendre.

Le FEQ a la particularité intéressante de ne pas avoir de thématique particulière, contrairement aux autres grands événements musicaux d’envergure du Québec comme le FIJM, les Francofolies, le Rockfest ou Osheaga. On peut donc supposer que son offre musicale ne sera pas si étrangère aux tendances générales de la musique populaire ou aux goûts culturels de la population.

J’ai donc procédé à une analyse de l’offre musicale du festival, en me basant sur les informations de son site web. Et parce qu’un spectacle sur la scène des Plaines d’Abraham a pas mal plus d’impact qu’une gig à L’Anti dans Saint-Roch, j’ai pondéré les données en fonction de la capacité d’accueil des scènes, une information affichée sur le site web du FEQ ou celui des établissements participants. J’ai aussi pondéré, de manière moins prononcée, selon le jour et l’heure (par exemple, un spectacle à 23h15 le mardi soir attirera nécessairement moins de gens qu’un spectacle le samedi à 20h, mettons).

Les menus déroulant intégrés au graphique ci-haut vous permettent de filtrer les données en fonction du moment où vous comptez vous rendre au FEQ et de la scène.

Par exemple, si vous préférez la musique Rock à bien d’autres, vous assisterez aux plus grands spectacles lors de la deuxième fin de semaine, puisque la première est plus occupée par le Hip-Hop, le Folk et la Pop.

Dashboard 1

Le premier constat est que, même dans le contexte de ma propre pondération des choses, le portrait est remarquablement équilibré. Il n’y a pas tellement plus de Pop que de Rock ou de Hip-Hop ou de Folk dans le portrait global, ni même sur la scène Bell des Plaines d’Abraham prise isolément.

Si vous voulez des chiffres précis, toujours pondérés, voici le pourcentage pour chacun de ces styles musicaux :

Pop 18,8%
Rap / Hip-hop 15,7%
Rock 12,9%
Folk 10,5%
Musique électronique 10,2%
Chanson 6,4%
Metal 4,8%
Folk rock 4,4%
Indie rock 4,0%
Indie pop 3,9%
Blues 2,4%
Musique du monde 2,2%
Country 1,5%
Reggae 0,9%
Jazz 0,8%
R&B / Soul 0,2%
Soul 0,2%
Punk 0,0%

 
Le FEQ, du fait de son absence de spécialisation musicale déjà évoquée plus haut, peut nous en dire aussi sur l’influence des différents pays dans les goûts musicaux de la population d’ici. Toujours en pondérant les données en fonction de la scène, du jour de la semaine et de l’heure, j’ai effectué le même exercice par rapport à la provenance des artistes.

Dashboard 2

La seule chose qui puisse étonner est que Les États-Unis et le Québec dominent le portrait, ce qui est une bonne nouvelle pour ceux s’inquiétant des influences culturelles extérieures de belle province. Considérant que la province n’est vraiment pas la seule au monde à observer une grande influence culturelle américaine et que sa population est une quarantaine de fois inférieure à celle de notre voisin immédiat, difficile de ne pas y voir au contraire un certain engouement pour les artistes d’ici.

La seule nuance à apporter ici est qu’il y aura au FEQ beaucoup plus d’artistes québécois qu’américains, mais ces derniers feront plus souvent prestation sur les plus grosses scènes, d’où l’équivalence en audience.

Vous pouvez voir aussi, sur ce deuxième graphique, les styles de musique qu’un ou des pays donnés apportent avec eux à l’occasion du festival. Par exemple, les prestations Hip-Hop nous viendront exclusivement des États-Unis, du Québec et, dans une bien moindre mesure, de la France.

Dans la deuxième partie de ce deuxième graphique, on peut aussi observer à quels styles de musique chaque pays ou région contribue. Par exemple, la France nous offre de tout sauf du Rock ; le Canada hors-Québec, à peu près tout sauf du Hip-Hop.

Méthodologie

Il a d’abord fallu capturer les données du site web. Les informations m’ayant intéressé ici étant l’artiste, la scène, le jour de semaine, l’heure, la provenance et le style de musique. Pour tenir compte du fait qu’un spectacle sur les Plaines d’Abraham aura plus d’impact qu’un autre dans un bar participant, j’ai conçu une pondération qui tenait compte de la capacité d’accueil de tous les contextes. La Scène Bell accueillerait jusqu’à 80 000 festivaliers selon l’organisation. Les établissements intérieurs peuvent en recevoir de 100 à un peu plus de mille; les autres scènes extérieures, de 3 000 à 10 000. Afin de ne pas trop exagérer l’importance de la plus grande scène, j’ai réduit son audience de moitié, ce qui n’a qu’au plus augmenté très légèrement l’importance de certains styles de musique, souvent les plus petits ici. J’ai aussi pondéré en fonction du jour de la semaine (donnant un indice de 1 à 2, le samedi étant plus favorable qu’un mardi) et de l’heure (de 0,5 à 1, 17h et 23h15 étant moins pratiques que 19h, 20h ou 21h).

J’ai ensuite multiplié les trois indices obtenus (capacité d’audience X jour X heure). Comme vous pouvez l’avoir remarqué, l’indice de la scène a de loin la plus grande importance dans ma pondération.

Le score ainsi obtenu est donc ce qui donne la juste valeur d’un spectacle dans le portrait entier. Les scores d’un même style de musique ou pays d’origine s’additionnent pour obtenir leur grosseur de bulle respective dans les graphiques ci-haut.

Et la capitale nord-américaine des pubs ludiques est…

Seattle est la capitale des pubs ludiques, selon cette analayse.
Seattle est la capitale des pubs ludiques, selon cette analayse.

Seattle!

C’est ce qui ressort d’une analyse de toutes les bars se présentant comme des pubs ludiques dans les 50 plus grandes villes nord-américaines en ayant au moins un. En fait, la tendance dans le top 5 de ces villes est la présence complète de la région du pacifique nord-ouest. Il s’agit de Seattle, Portland (OR) et Vancouver.

Les pubs ludiques sont les bars de jeux vidéo, d’arcades et/ou de jeux de société. Bref, un pub ludique est un bar ouvertement et principalement geek.

Plus précisément, je me suis intéressé à la présente tendance de ces bars de plus en plus nombreux. Comme ici à Montréal avec les ouvertures récentes d’Arcade MTL, du Nexus Smart Bar ainsi que le Foonzo. En anglais, on les appelle les barcades, beercades, barcadiums ou game cafes. Il s’agit de bars qu’on investit pour venir boire un verre et jouer aux arcades, au pinball ou encore de consoles qui sont au centre du concept du bar.

Les vrais pubs ludiques, et non pas quelques machines obscures dans un coin obscur d’un bar obscur

À la différence de nombreux bars qui possèdent par hasard une machine ou deux pour se divertir au cas où des clients s’ennuient (un Big Buck Hunter dans un coin obscur, par exemple), des pubs ludiques placent le jeu vidéo au centre de leur modèle d’affaires (ou en bonne partie). Ce n’est pas qu’ils tirent leurs revenus de ces jeux directement, mais plus que c’est le concept principal (ou presque) de leur établissement.

Les pubs ludiques sont aussi représentés par des adresses comme le Randolph (qui vient tout juste d’ouvrir sa deuxième succursale) et le Colonel Moutarde ici dans le 514. Ceux-ci laissent place aux jeux de société, qu’il s’agisse de Risk, Cards Against Humanity ou de pas mal n’importe quoi entre les deux.

Mise à part qu’elle ne domine pas le portrait, est-ce que Montréal et Québec manifeste tout de même un engouement particulier pour ces pubs ludiques? Ou bien d’autres régions encore se démarquent, en plus du pacifique nord-ouest?

Méthodologie

C’est ce que j’ai tenté de savoir en m’adonnant à un recensement de tous ces bars dans les 50 juridictions municipales nord-américaines les plus populeuses comprenant au moins un tel établissement. Vous trouverez ci-bas la méthodologie détaillée1. Pour l’essentiel, et pour chaque ville, j’ai effectué des requêtes Google et validé les résultats par Yelp, les comptes de réseaux sociaux des adresses et leur propre site web. Chaque fois qu’il était clair que le bar en question existait et qu’il entrait bien dans notre créneau, je l’intégrais dans les données (oui, ça a pris un peu de temps, je vous dirais, mais c’était aussi fascinant qu’enrichissant).

J’exclus les centres d’amusement plus traditionnels, les allées de bowling et les billards (donc pas de Dave & Buster’s). Sont aussi exclus les bars qui possèdent quelques jeux de société ou deux trois machines dans un coin sombre de la place ou qui n’en font pas une place centrale dans leur raison d’être. Idem pour les places qui font simplement des soirées quiz ou des tournois de Super Smash Bros. de temps en temps. Je m’intéresse vraiment ici au concept plus récent du bar à jeu de société ou vidéo à temps plein, des bars qui se présentent avant tout ou presque comme un bar ludique et que les gens fréquentent pour cette activité.

Plusieurs types de pubs ludiques

Parce que je tenais à différencier les concepts de bars de jeu, j’ai codifié ces derniers selon la typologie suivante:

  • Jeux de société
  • Pinball
  • Arcade (pouvant inclure du Pinball)
  • Console
  • Console et Arcade
  • Hybride (jeux de société et l’une ou l’autre ou plusieurs des formes de jeux électroniques ci-haut)

Enfin, j’ai calculé le nombre de ces nobles institutions par 100 000 habitants pour chacune de ces villes, et voici ce que ça donne lorsqu’on rassemble les 6 catégories dans un même tout:

Dashboard-1-mieux

La côte pacifique nord-ouest joue

Personnellement, je m’attendais à ce que Toronto, Chicago et même Montréal soient au moins quelque part dans le top 10. C’est une autre tendance qu’on observe dans le top 5: le Nord-Ouest Pacific de Portland, Seattle et Vancouver. Une région un peu pluvieuse, réputée pour ses nombreux cafés, sa population moins conformiste, ses paysages enviables, sa culture des micro-brasseries et plus encore.

Pour le reste de ce top 5, la présence de Columbus étonne un peu, mais moins celle de Raleigh (j’y reviendrai plus bas). En sixième position, on retrouve aussi Austin, l’oasis du Texas. Rien d’étonnant à ce que cette ville se distingue nettement des autres villes texanes dans ce palmarès, sa collègue la plus proche étant El Paso à la 27e position.

Si l’on ne s’intéresse qu’aux pubs de jeux de société, on retrouve toujours Seattle, Vancouver et Austin dans les premières positions. Inversement, dans le cas des bars à jeux électroniques (arcades, consoles ou pinball), Seattle est encore dans le top et Portland revient aussi dans le décor.

 

Le pub ludique Shorty's à Seattle, faisant plus dans le pinball.
Cliché pris par moi-même au bar Shorty’s à Seattle, où je me suis retrouvé cet hiver par hasard. Ci-contre est sa salle de Pinball. C’est aussi un bar pas mal grunge et rock dans son esprit (on est à Seattle après tout).

 

Dans tous les cas, Montréal se retrouve quant à elle dans le top 10 et est surpassée par Ottawa, qui a presque le même nombre d’adresses pour une population deux fois moins nombreuse.

Un modèle d’affaires difficile?

Suite à toutes ces recherches sur ce type de bars dans autant de villes, j’y ai constaté plusieurs choses. La plus frappante est qu’il y a beaucoup, beaucoup de mouvement. Je n’ai pas codifié la date de naissance des établissements, mais je vous dirais que la majorité de ceux-ci ont moins de deux ans d’âge. Plus encore, je suis aussi souvent tombé sur des établissements qui avaient fermé dans la dernière année après une année ou deux d’opération. Je m’attends donc à ce qu’un certain nombre de bars dans mon analyse disparaissent d’ici peu aussi.

On sent l’engouement des commerçants et de citoyens entrepreneurs qui ont été nombreux à se lancer dans le produit, parfois habilement, parfois maladroitement. En fait, j’ai pu observer que beaucoup de ces pubs sont nés de campagnes de sociofinancement, elles-mêmes pas nécessairement l’initiative de gens qui étaient réellement commerçants ou entrepreneurs jusqu’ici.

Plusieurs projets ont aussi trébuché dans de vieilles lois obsolètes avec lesquelles les villes étaient prises, mais des ajustements législatifs ont souvent suivi. De ceux ayant rencontré de telles difficultés, il s’est plus agi d’un vilain obstacle qu’un mur. Certains voient cela comme un problème typiquement montréalais, mais plusieurs projets ont rencontré des difficultés législatives ou bureaucratiques ailleurs, comme à Québec, Toronto, Vancouver ou San Francisco. À Oakland, en Californie, on a légalisé le Pinball en… 2014 (Montréal l’a fait dans les années 1970).

Chicago exporte

La raison pour laquelle je m’attendais plus haut à ce que Chicago soit dans le top du nombre de pubs ludiques par habitant est que, d’une part, on en trouve beaucoup (9 bars de jeux vidéo et 4 de jeux de société – dont deux chevauchements). D’autre part, des établissements de cette ville semblent avoir trouver le meilleur modèle d’affaires. Headquarters Beercade a deux emplacements à Chicago et un autre ouvrira à Nashville éventuellement. Emporium a trois succursales dans le Chicago métropolitain et est en train d’en construire une nouvelle à San Francisco. Enfin, FTW Chicago aura une soeur à Denver à l’automne prochain. De mon analyse je n’ai pas vraiment observé d’autres chaînes en expansion mises à part la texanne Kung Fu Saloon, la californienne Coin-Op et l’originale et new-yorkaise Barcade.

L’original barcade de Raleigh

La chaîne Barcade se targue d’avoir été le trend-setter du bar de ce type par sa naissance en 2004, mais le concept et le terme auraient été véritablement utilisés pour la première fois à Raleigh en 1999 avec Kings Barcade, qui a existé sous cette forme jusqu’en 2007. Kings Barcade a ressuscité ailleurs en 2010 mais sans sa vocation Barcade, même si le nom est maintenu (sans doute pour retrouver sa clientèle). Malgré tout, les gens derrière Kings Barcade, tout comme ceux de The Baxter Barcade plus tôt, ont pris une poursuite au genou l’hiver dernier pour leur utilisation du terme “barcade”, qui appartient depuis 2008 à Barcade de NY. Il semble du moins que l’esprit du barcade persiste à Raleigh, la ville étant à ce jour le lieu de trois pubs de ce genre, ce qui est relativement grand par rapport à son nombre d’habitants (et la région aussi?).

Coups de coeur personnels

J’ai observé beaucoup de cas au fil de cette recherche, mais des coups de cœur me sont restés. Emporium semble être un bar particulièrement chouette, notamment parce que beaucoup de concours de jeux et d’événements complémentaires sont organisés sur place, les clients peuvent facilement observer une partie sur écrans géants et il y a de la console de jeu aussi, soient la véritable plateforme que les présents 18-34 ans ont connu à l’enfance et dans leur salon, ce qui permet aussi le jeu à plus de deux personnes.

EXP Restaurant + Bar à Vancouver semble aussi offrir cette formule, de même que Reset Interactive Ultralounge à Winnipeg, si jamais vous vous retrouvez là.

Tous ces aspects font de ce type de lieu un pub ludique plus social, isolant moins chacun devant un petit écran d’arcades. Et on va se le dire, des tournois de Mario Kart ou de Super Smash Bros., il n’y a vraiment rien de plus gagnant, surtout avec quelques verres et sur un grand écran qui divertit plus que les quatre personnes en jeu.

C’est aussi pour cela que je tenais à différencier les bars de jeu vidéo entre eux: ceux offrant du jeu de console et ceux offrant des arcades. Mon impression est que ceux insistant plus sur les premiers génèrent plus d’intérêt et d’engagement de la part de la clientèle et sont plus actifs dans la tenue d’événements. Et qu’ils vont vivre plus vieux, donc.

Et, enfin, une mention spéciale qui est absente des données plus haut: le Offworld Arcade à Detroit. Initiative très DIY, il s’agissait à l’origine de jeunes joueurs qui ont décidé d’investir une école abandonnée pour la tenue mensuelle d’une soirée de jeux d’arcades, vraiment dans les couloirs et locaux d’une école abandonnée, avec ajout de musique électronique ambiante et formule BYOB. L’événement est depuis plus itinérant puisqu’il se tient maintenant dans différents bars.

Notes   [ + ]